Une maquilleuse/entrepreneure autochtone lance une marque révolutionnaire éco-responsable

Feb 3 2021, 4:21 pm

L’espace Bonnes Nouvelles est une collaboration entre TELUS et Daily Hive. Ensemble, nous mettons sur pied un espace pour nouvelles inspirantes où tous peuvent se plonger dans une atmosphère positive via des chroniques et des histoires relatant des initiatives de bienfaisance à un moment où nous en avons tant besoin.

Écrit pour Daily Hive par Brandi Morin, une journaliste primée cri/mohawk/francophone de l’Alberta


Lors d’une promenade un après-midi au début de janvier, Jennifer Harper se remémorait son remarquable parcours qu’a été la création d’une marque de cosmétiques autochtone.

Cela fait cinq ans que Jennifer a lancé sa célèbre entreprise Cheekbone Beauty Cosmetics, à St. Catherines, en Ontario.

Dotée d’un amour pour le maquillage et d’une vision pour autonomiser les jeunes autochtones, la nouvelle entrepreneure a commencé avec du rouge à lèvres et du brillant à lèvres. Elle a ainsi déclenché une vague d’inspiration à travers le pays.

“Je remercie le Créateur. Je détestais mon ancien travail”, s’est confiée Jennifer à Daily Hive lors d’une entrevue téléphonique.

Aujourd’hui, Cheekbone est débordant de succès, ayant récemment inauguré une gamme de rouge à lèvres dont l’emballage est éco-responsable, ainsi que l’ouverture d’un entrepôt opérant avec plus d’une douzaine d’employés.  

Elle a commercialisé Sustain lipstick en mars 2020, juste avant l’arrivée de la pandémie de COVID-19.

“Cela a certainement été une année insensée”, dit-elle à moitié en riant, puis, en prenant une profonde respiration de soulagement.

Cheekbone Beauty

Jennifer Harper, Cheekbone Beauty founder.

“Dieu merci pour l’incroyable communauté qui supporte Cheekbone. Nous produisons nos produits nous-même, en apprenant au fur et à mesure. D’autres font appel à de grandes marques de beauté pour tester leurs produits, mais pas nous.”

Les rouges à lèvres SUSTAIN sont faits avec 85 % moins de plastique et l’emballage est imprimé avec du papier biodégradable fait de colorants végétaux. Cheekbone a un objectif ambitieux de produire zéro déchets d’ici 2023.

Jennifer a travaillé plusieurs décennies en vente de produits haut de gamme avant de se retirer pour lancer Cheekbone Beauty en 2016. Cela lui a pris du courage car elle n’a pas été élevée dans un milieu qui encourage l’entrepreneurship.

“Je viens d’une famille qui ne parle pas de grands rêves ou de vision. Honnêtement, je ne pensais pas qu’il serait possible pour moi de démarrer ma propre entreprise.”

Cheekbone Beauty

Cheekbone Beauty

Après avoir observé les habitudes de gestion des présidents des entreprises pour lesquelles elle a travaillé, Jennifer a réalisé qu’elle pouvait aussi y arriver.

Elle ne voulait pas seulement développer du maquillage, mais aussi mettre sur pied une entreprise qui aiderait à autonomiser les jeunes autochtones.

Jennifer a été privée de son héritage Anishinaabe en grandissant, mais elle a tout de même appris les horreurs du colonialisme, l’expérience de sa grand-mère dans le système des pensionnats et des traumatismes intergénérationnels dans ses années adultes.

Dès le début de son projet, cela l’a motivée à redonner aux jeunes autochtones en versant 10 % des profits de Cheekbone Beauty à la cause de l’éducation des jeunes des Premières nations. Puis, dotée de style et d’un look élégant, Cheekbone a pris son envol.

La marque élève et célèbre les femmes autochtones par le biais de son programme d’ambassadrices de marque, Cheekbone Warriors. Des influenceuses de partout en Amérique du Nord sont régulièrement présentées enfilant du maquillage Cheekbone sur ses plateformes de médias sociaux. 

Depuis ses débuts, Cheekbone souligne la force des femmes autochtones qui œuvrent à faire un travail exceptionnel au sein de leur communauté.

Les rouges à lèvres Warrior Women portent le nom de femmes autochtones notoires, dont Ashley Callingbull, une femme crie de la Nation Crie d’Enoch en Alberta, qui a remporté le titre de Mrs. Canada en 2015; Autumn Pelletier, une Anishnaabekwe qui milite pour la protection de l’eau de la Réserve indienne non cédée de Wikwemikong au nord de l’Ontario; et Melina Laboucan-Massimo, une autochtone fervente défenseure des droits de la Nation Cri de Lubicon.

Les premiers quatre ans et demi, Cheekbone a opéré du sous-sol de Jennifer. Elle vient de déménager sa compagnie dans un entrepôt de 2 000 pieds carrés à Ste-Catherines et d’engager son 15e employé – avec une aide de 350 000 $ – qui représente l’investissement de Raven Indigenous Capital Partners en juin 2020.

Afin d’élargir sa vision éco-responsable et le développement de cosmétiques de haute qualité, Jennifer a aussi engagé un chimiste pour travailler sur place depuis le 1er février.

“Nous faisons le mélange chimique de nos produits nous-même et souhaitons plus que tout, de créer un produit durable qui n’aura pas d’impact sur les sept prochaines générations. Nous prenons notre temps afin que nos produits restent éco-responsables et que le côté manufacturier reste en harmonie avec la Terre”, raconte Jennifer.

Elle attribue la grande partie de son succès à son mentor, Doug Langmuir, le co-fondateur de Bite Beauty, qui fut acheté par Kendo en 2014 et distribué exclusivement chez Sephora.

Même si Monsieur Langmuir s’était retiré du milieu des cosmétiques, il a perçu la motivation exceptionnelle de Jennifer après l’avoir rencontrée chez un ami commun. Il a donc décidé d’aider Cheekbone à se dépasser.

“Je rencontre souvent des entrepreneurs. Ils ne comprennent pas. Ils n’y arriveront pas.”, se confie Monsieur Langmuir à Daily Hive. 

“Je n’ai jamais pensé cela au sujet de Jennifer. Dans cette industrie, il est nécessaire d’innover constamment, d’être visionnaire, et Jennifer a ces qualités à la tonne”.

Il la considère comme une vraie entrepreneure. Bâtir une compagnie, contrer les embûches, traverser les épreuves – tout cela sans ralentir – c’est repousser les barrières. 

Cheekbone est une puissance avec Jennifer aux commandes. Elle veut avoir un impact positif dans sa communauté.  Cette marque percera le marché, au-delà des autochtones, jusqu’au marché de la haute couture grâce à son côté innovateur, ses ingrédients naturels et son emballage éco-responsable.”

Présentement, le rouge à lèvres haut de gamme de Jennifer est un des seuls sur le marché qui est durable et dont l’emballage est biodégradable. Ce qui veut dire aussi que les produits sont non testés sur des animaux, composés de produits naturels et sans parabène. D’autres produits offerts chez Cheekbone incluent des palettes de contour, poudre pour les joues et fards à paupières.

Les produits Cheekbone se développent pour inclure bientôt un crayon pour les yeux fait uniquement à partir de produits de bois provenant d’organisations protégeant les forêts.

“Je me questionne toujours sur les moyens d’épargner de façon durable notre planète, tout en assurant la longévité de l’entreprise”, nous dit-elle.

“Premièrement, nous voulons autonomiser les jeunes autochtones et ensuite produire un maquillage sain. En bout de ligne, nous voulons éduquer, mais aussi faire un super rouge à lèvres.”

Cheekbone Beauty

Cheekbone Beauty lipstick

Cheekbone Beauty

Cheekbone Beauty

ADVERTISEMENT
ADVERTISEMENT