Un exécutif du basketball professionnel enseigne l’ABC de la finance durant la pandémie

Mar 10 2021, 1:39 pm

L’espace Bonnes Nouvelles est une collaboration entre TELUS et Daily Hive. Ensemble, nous mettons sur pied un espace pour nouvelles inspirantes où tous peuvent se plonger dans une atmosphère positive via des chroniques et des histoires relatant des initiatives de bienfaisance à un moment où nous en avons tant besoin.

Écrit pour Daily Hive par le journaliste Torontois Terukazu Ikeda


Jermaine “Rock” Anderson s’est épanoui lorsqu’il a quitté les rues du centre-ville de Toronto. Comme ses étudiants, il a évolué avec une marge d’erreur très mince et le basketball lui a permis de changer le cours de sa vie.

Son histoire ressemble à celle de plusieurs autres qui proviennent aussi de milieux marginaux. Jermaine Anderson est présentement directeur général des Honey Badgers de Hamilton, une équipe canadienne professionnelle de basketball. Il a aussi une réelle passion pour le programme Fifty For Free, son projet de littératie financière à but non-lucratif dédié aux étudiants du secondaire pendant la période estivale.

Cet été, il a dû faire volte-face à cause des nouvelles directives de distanciation sociale.

Les étudiants de Jermaine proviennent de familles qui sont déjà en difficultés financières et à cause du confinement, ses étudiants ont eu un plus grand besoin de s’engager dans une communauté autre que celle de leur maisonnée.

 

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“Nous sentions qu’il était très important pour ces jeunes d’avoir un horaire, de se connecter sur Internet, d’être en mesure d’interagir avec d’autres”, dit Jermaine.

“Deuxièmement, ces jeunes ne pouvaient plus fréquenter les centres d’entraînement ou pratiquer des sports tel qu’ils l’auraient normalement fait, alors nous voulions leur permettre de le faire.”

De 40 à 45 étudiants se sont inscrits en 2019. Prenant en compte le succès de l’année précédente, Jermaine a organisé une programmation virtuelle pour 20 étudiants l’été dernier. Les sujets de ces sessions virtuelles étaient variés, notamment la maladie mentale, l’immobilier et la planification financière.

Les concepts financiers ennuient généralement les étudiants du secondaire, c’est pourquoi les leçons du programme sont faites sur mesure pour susciter leur intérêt.

 

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Le partenaire de Fifty For Free, Enriched Academy, a enseigné aux étudiants les concepts d’actifs et passifs en utilisant le salaire d’une vedette du NBA, Steph Curry, pour l’année 2017-18, soit 15 263 905 $ américains, en calculant ses impôts et ses dépenses. 

Comme plusieurs d’entre nous, les étudiants de Fifty for Free ont eu certains ennuis avec l’utilisation initiale de Zoom.

“Le plus grand défi a été pour les étudiants d’apprendre à se joindre au cours et d’activer le mode muet”, nous dit Jermaine.

FFF shoe drive

Julia Bellini

Jermaine a créé des sessions virtuelles motivantes en utilisant sa position influente d’ancien athlète professionnel pour inviter certains modèles pour les étudiants à prononcer des discours.

Des entraîneurs ont donné des sessions en direct trois fois par semaine.

Nathaniel Mitchell, l’entraîneur adjoint de Charlotte Hornets, a analysé des jeux filmés pour les étudiants, leur démontrant la nécessité de la préparation.

Wumi Agunbiade, l’entraîneuse adjointe des Raptors 905, s’est exprimée avec franchise sur son parcours d’athlète féminine de niveau élite à celui d’entraîneuse professionnelle.

De plus, les étudiants ont eu accès gratuit à l’application d’entraînement de basketball 94feetofgame, mise sur pied par l’entraîneur adjoint des Lakers de Los Angeles, Phil Handy.

Fifty For Free

Fifty For Free 

“Je leur ai fait relever différents défis tout au long de la semaine, car l’application démontre presque tous les exercices : maniement du ballon, finalisation, tirs au panier, ” ajoute Jermaine en parlant des activités pour faire bouger les étudiants.

“Alors je choisissais un exercice, leur le faisait exécuter, puis je choisissais un gagnant chaque semaine basé sur sa capacité de bien reproduire l’exercice”.

Les programmes tels que Fifty For Free sont essentiels car ils gardent occupés les étudiants provenant de communautés marginales tout l’été.

Les difficultés financières à la maison sont parfois associées à un plus haut risque de décrochage durant les mois d’été, une sorte de phénomène de perte d’apprentissage estival.

Ceci entraîne aussi un écart dans les réalisations à l’intérieur du système d’éducation de l’école, mettant les étudiants de familles à faibles revenus à plus haut risque.

Former student Michael Rossi

Julia Bellini

La solution prisée par Jermaine est de planter le plus de graines possibles dans leur vie, en espérant que celles-ci donnent des fruits ou, du moins, que ses étudiants s’en rappellent.

“Nous espérons aider nos étudiants à identifier leurs passions. Nous voulons les aider à trouver des façons de gagner leur vie selon leurs passions, et nous assurer qu’ils comprennent bien l’importance d’économiser, d’avoir un budget, du crédit, de savoir ce qu’est l’épargne libre d’impôt et surtout la valeur de l’argent en temps”.

Jermaine a invité différentes personnalités qui font office de modèles pour ses étudiants.

“Il est important que les jeunes sachent qu’ils peuvent compter sur nous”, ajoute Jermaine.

“Je crois que c’est le plus important; l’accès à un réseau de professionnels de l’industrie et de savoir que ces gens sont très impliqués”.

Michael Rossi, qui a gradué en 2019, a pris à cœur le programme Fifty For Free. Durant l’été suivant sa 11e année, il a lancé une marque de vêtements appelée Money’s The Motive, en utilisant des économies réalisées avec son emploi à Canada’s Wonderland.

“Puisque je n’avais pas d’école, j’ai pu travailler 40 à 50 heures par semaines et ainsi réaliser les économies nécessaires pour démarrer MTM”, nous dit Michael.

Rossi s’est servi des connaissances acquises lors de sa participation au programme de Jermaine et il continue à réinvestir 60 à 70 % de ses gains dans son entreprise.

Le but de Jermaine Anderson va au-delà d’inspirer certains entrepreneurs tels que Michael Rossi. Il souhaite doter tous les étudiants d’une mentalité qui les rendra financièrement autonomes. Il comprend aussi que l’implication des parents doit faire partie d’une stratégie à plus long terme.

“Prenons l’exemple d’un parent qui ne détiendrait pas d’assurance-vie. Si nous pouvions l’influencer à changer cette situation car, en cas d’accident – ce que personne n’espère – la sécurité financière de l’enfant serait assurée, de façon à ce que celui-ci ne porte pas le fardeau financier des parents”, ajoute Jermaine.

Le basketball fut simplement un outil pour Jermaine Anderson pour bâtir sa sécurité financière. Maintenant, il enseigne aux autres comment surmonter leurs difficultés. Son influence a définitivement des impacts positifs.

Terukazu IkedaTerukazu Ikeda

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